image: Rachel Downey (left) with Karen Li (middle) and Berkley Petersen (right): “This study shows that even if an individual has poor hearing and poor cognitive performance, their brain is still plastic enough to benefit from this kind of training.”
Credit: Concordia University
Selon une nouvelle étude menée par l’Université Concordia, les exercices physiques et cognitifs peuvent aider les personnes âgées présentant un léger déficit cognitif à maintenir ou à améliorer leur capacité à se déplacer et à réfléchir simultanément, mais les capacités auditives et le sexe jouent un rôle déterminant.
L’équipe de recherche s’est appuyée sur les données de l’essai clinique SYNERGIC, lequel est mené par plusieurs établissements afin d’étudier la manière dont l’exercice physique et l’entraînement du cerveau peuvent améliorer les fonctions cognitives et la mobilité tout en réduisant les chutes chez les personnes âgées. Leur étude a suivi 75 adultes âgés de 60 à 85 ans atteints d’un léger déficit cognitif, avant et après une période de 20 semaines au cours de laquelle ils se sont entraînés physiquement et mentalement.
Les chercheurs et chercheuses se sont plus précisément penchés sur les effets d’une perte d’audition sur la capacité à accomplir deux tâches simultanément, soit marcher tout en effectuant une activité mentale, comme compter à rebours ou nommer des animaux. Les participants ayant d’eux-mêmes déclaré être atteints d’une perte d’audition ont vu cette dernière être évaluée objectivement au moyen d’un test standard d’acuité auditive.
L’équipe a constaté une forte corrélation entre les troubles auditifs et l’incapacité à accomplir deux tâches en même temps. En effet, les participants atteints de tels troubles marchaient plus lentement, présentaient une démarche moins stable et éprouvaient davantage de difficulté à marcher tout en réalisant une activité mentale.
Ces effets étaient encore plus marqués chez les sujets ayant d’eux-mêmes déclaré avoir des problèmes d’audition et présentant des déficiences cognitives. Ceux-ci ont obtenu les plus faibles résultats dans la réalisation de tâches simultanées.
« Nous savions déjà que les hommes ont tendance à perdre l’ouïe plus tôt dans la vie et que cette perte est plus prononcée chez eux que chez les femmes, explique l’auteure principale de l’étude, Rachel Downey (Ph. D. 2025). Mais notre étude documentée est la première à démontrer le lien entre la perte auditive et la performance dans la réalisation de tâches simultanées chez les hommes. »
« Ce qui fait l’originalité de notre étude, c’est qu’elle examine ce lien au sein d’un échantillon de personnes atteintes de troubles cognitifs légers », ajoute l’auteure responsable de la supervision de l’article, Karen Li, professeure au Département de psychologie et directrice du Laboratoire de recherche sur le développement adulte et le vieillissement cognitif.
« Même chez les sujets présentant les premiers signes de démence – et toutes les personnes atteintes de troubles cognitifs légers ne développeront pas nécessairement une démence –, nous observons que la sévérité de l’atteinte cognitive a une incidence sur leur démarche lorsqu’ils effectuent deux tâches à la fois. »
L’étude a été publiée dans la revue Frontiers in Aging Neuroscience.
Des différences marquées selon le sexe et le type de perte auditive
L’étude montre également que des exercices physiques ciblés et un entraînement cognitif sur ordinateur peuvent améliorer de façon notable la capacité à réaliser deux tâches simultanément.
Les sujets de l’étude ont participé à l’un des trois scénarios suivants :
- Exercices (entraînement cardiovasculaire et musculation) et entraînement cognitif fictif (regarder des vidéos, faire des recherches simples sur Internet)
- Combinaison d’exercices et d’entraînement cognitif
- Placebo (exercices de raffermissement et étirements accompagnés d’un entraînement cognitif fictif)
« Les exercices augmentaient en intensité toutes les quatre semaines; il ne s’agissait donc pas simplement de maintenir la capacité aérobique et musculaire », souligne Berkley Petersen, co-auteure de l’étude et doctorante.
Au terme des 20 semaines de l’étude, l’équipe de recherche a constaté que les sujets qui avaient fait une combinaison d’exercices et d’entraînement cognitif montraient les progrès les plus marqués dans la capacité à marcher de façon stable tout en réalisant des tâches mentales. L’amélioration la plus notable a été observée chez les hommes qui présentaient la perte d’audition objective la plus importante.
Cependant, chez les femmes, ce sont celles qui ont déclaré souffrir d’une perte d’audition qui ont montré le plus d’amélioration. Les chercheurs et chercheuses soulignent que s’il y avait un faible écart entre l’impression subjective et la mesure objective de la perte d’audition chez les hommes, il en allait autrement chez les femmes, ce qui laisse supposer qu’elles s’inquiètent davantage d’une potentielle perte auditive et ont tendance à la surestimer ou à la sous-estimer.
Les participants du groupe placebo ont montré peu ou pas d’amélioration, certains présentant même une détérioration de leurs capacités à l’issue de l’étude.
Le déclin et les risques peuvent être atténués
« Ce que l’étude montre, c’est que même chez une personne présentant une perte d’audition et un déclin des performances cognitives, le cerveau continue d’être suffisamment malléable pour pouvoir bénéficier de ce type d’entraînement », affirme Rachel Downey.
« Le risque de chute augmente avec l’âge, et ce risque est encore plus élevé s’il s’accompagne d’une perte auditive et de troubles cognitifs, note Karen Li. Ces travaux ont de multiples retombées pratiques pour le système de santé, car ils n’impliquent l’utilisation d’aucun médicament et reposent entièrement sur des exercices pouvant être réalisés à la maison. »
Lisez l’article cité : « The effect of hearing ability on dual-task performance following multi-domain training in older adults with mild cognitive impairment: findings from the SYNERGIC trial »
Journal
Frontiers in Aging Neuroscience
Method of Research
Data/statistical analysis
Subject of Research
People
Article Title
The effect of hearing ability on dual-task performance following multi-domain training in older adults with mild cognitive impairment: findings from the SYNERGIC trial
Article Publication Date
29-Jan-2026
COI Statement
MM-O reported receiving support through grants for his program in Gait and Brain Health from the Canadian Institutes of Health Research, the Ontario Ministry of Research and Innovation, the Ontario Neurodegenerative Diseases Research Initiative, the Canadian Consortium on Neurodegeneration in Aging, the Weston Family Foundation, and the Department of Medicine Program of Experimental Medicine Research Award, University of Western Ontario; and being the first recipient of the Schulich Clinician–Scientist Award. MM-O also held the Western Faculty Scholar Award during the conduct of the study, and holds the Wolfe Research Professorship in Aging endowment chair from Western University. MM-O also reported serving on the executive of the Canadian Geriatrics Society (CGS), President CGS and member of the CIHR institute of Aging Advisory board, the CIHR antiracism external advisory committee and member of the Research Executive council of the CCNA. AB is a contracting investigator with the Toronto Memory Program (Headland research), has served as member of advisory boards and a speaker in the area of assessment and therapeutics in dementia and treatment resistant depression, for Eisai Pharmaceuticals, Avanir Pharmaceuticals, Janssen Canada, Otsuka-Lundbeck, Boehringer-Ingelheim, Roche, and AMICA homes group. Peer funded for Trials in agitation, caregiver intervention, and ketamine from National Institute of Aging, Brain Canada Foundation, Alzheimer Drug Discovery Foundation, CABHI, Weston Foundation, NRC, and CIHR; TL-A is a Tier 1 Canada Research Chair in Healthy Aging. The remaining author(s) declared that this work was conducted in the absence of any commercial or financial relationships that could be construed as a potential conflict of interest. The author(s) declared that they were an editorial board member of Frontiers, at the time of submission. This had no impact on the peer review process and the final decision.