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Avoir un meilleur ami apprécié des autres peut réduire l’exclusion d’un enfant isolé, mais n’atténue pas son repli sur soi, indique une étude de l’Université Concordia

L’exclusion par les pairs peut évoluer au cours de l’année scolaire, selon les ressources procurées par un ami

Peer-Reviewed Publication

Concordia University

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Melissa Commisso and William Bukowski: “Having a well-accepted friend can protect children from experiencing sustained exclusion across time.”

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Credit: Concordia University

L’école primaire peut être un endroit inhospitalier pour les enfants socialement isolés. Un ami proche peut être essentiel pour aider ces jeunes à traverser les périodes difficiles. Cependant, selon une nouvelle étude menée par une équipe de recherche de l’Université Concordia et publiée dans la revue Child Development, les effets d’une amitié dépendent du niveau de capital social de l’ami – qui se traduit par des avantages comme l’inclusion, la confiance, la popularité et le soutien – ainsi que du type d’isolement vécu par l’enfant.

L’équipe a étudié 252 élèves de 5e et de 6e année à Montréal pour voir l’incidence de deux types d’isolement : le repli sur soi, où l’enfant choisit la solitude par timidité ou excès de conscience de soi; et l’exclusion, où l’enfant est rejeté par ses pairs.

Elle a découvert que l’exclusion par les pairs peut être réduite lorsque l’enfant a un ami apprécié des autres, tandis que le repli sur soi tend à demeurer stable, peu importe les amitiés avec des pairs au statut social supérieur.

« Il est bien établi que l’expérience avec les pairs à l’enfance et à l’adolescence sont les meilleurs prédicteurs du bien-être à l’âge adulte, mais les processus qui sous-tendent ces effets ne sont pas bien connus. Nos résultats montrent que le fait d’avoir un ami apprécié des autres peut protéger les enfants contre une exclusion prolongée », soutient l’auteure principale de l’étude, Melissa Commisso (Ph. D. 2026), maintenant résidente à l’Hôpital général de Montréal.

« C’est très important, car nous savons que l’exclusion du groupe de pairs peut avoir des effets néfastes sur la santé mentale comme la dépression, l’anxiété et une faible estime de soi. Elle peut aussi avoir pour conséquences des résultats scolaires plus faibles ainsi que des difficultés sociales à long terme à mesure que ces enfants vieillissent. »

Les camarades de classe sont les évaluateurs les plus aptes

Pendant huit semaines, on a demandé à des élèves de quatre écoles primaires de la région de Montréal de nommer leurs amis les plus proches. On leur a également demandé de nommer des pairs correspondant à des descriptions liées au repli sur soi et à l’exclusion – selon que ceux-ci préféraient rester seuls ou qu’ils étaient exclus d’activités.

« Nous avons utilisé le groupe de pairs pour obtenir un portrait du comportement des enfants en classe », précise le coauteur William Bukowski, professeur au Département de psychologie. « Grâce à la méthode que nous avons employée, nous avons pu aller au-delà des études typiques sur l’influence des pairs, qui mettent l’accent sur les processus par lesquels les pairs internalisent les traits de leurs amis. Dans notre étude, nous avons cherché à savoir si les enfants repliés sur eux-mêmes et exclus tireraient des avantages des liens sociaux procurés par un ami. »

L’étude portait en particulier sur des paires de meilleurs amis mutuels et suivait l’évolution de leurs expériences sociales au fil du temps.

En comparant les données recueillies en septembre et en novembre, l’équipe de recherche a pu examiner le degré de stabilité de ces comportements et si l’amitié vécue par un enfant avait une incidence sur ces schémas.

Les résultats montrent des différences nettes entre les deux formes d’isolement. Le repli sur soi restait relativement inchangé au fil du temps, ce qui semble indiquer qu’il est lié plus étroitement à des traits individuels et qu’il est moins sujet à l’influence de facteurs sociaux externes.

En revanche, l’exclusion par les pairs était plus susceptible d’évolution. Les enfants ayant des amis bien acceptés par les autres étaient moins à risque d’être exclus, signe qu’un lien social avec un pair apprécié des autres pouvait les aider à rehausser leur statut au sein du groupe.

Cependant, lorsque des enfants isolés tissent des liens d’amitié avec des pairs non généralement appréciés du groupe, ces amitiés renforcent leur statut social existant. Bien que ces enfants puissent tirer des bienfaits du soutien émotionnel que procure une amitié, celle-ci a moins de chances d’accroître leur inclusion parmi les pairs. Ainsi, le statut social de l’ami – en particulier la mesure dans laquelle cet ami est apprécié des autres – semble être le facteur central.

Concevoir des stratégies d’intervention sur mesure

Selon l’équipe de recherche, ces résultats donnent à penser que les interventions doivent être adaptées au type d’isolement social en cause.

« Pour les enfants rejetés des autres, nous pouvons imaginer des interventions axées sur le groupe et destinées à rompre les cycles d’exclusion ainsi qu’à normaliser l’inclusion au sein de la classe », fait valoir Melissa Commisso.

« Pour le repli sur soi, en revanche, des interventions davantage axées sur le sujet seraient sans doute plus bénéfiques. Nous pourrions utiliser des types de thérapies conçues pour aider les enfants à remarquer les cognitions susceptibles de freiner leur participation sociale et à les envisager autrement, ou encore pour les aider à réguler certaines émotions ou anxiétés. De telles interventions pourraient aider les enfants à faire graduellement face aux situations sociales redoutées, à accroître leur souplesse psychologique et à réduire l’évitement. »

Cette étude a bénéficié du soutien du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Lisez l’article cité : « Social exclusion, but not withdrawal, is diminished by a friend’s level of acceptance: A provisions model ».


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